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Christian Brissaud, chef de service, CMCAS de Nice, again : [ 13/04/2005 ] Christian Brissaud, chef de service, CMCAS de Nice, contribue : [ 13/04/2005 ] Pourquoi être "libre" ? [ 12/04/2005 ] Blogger à propos d'"Internet et des C.E." [ 08/04/2005 ] NTIC : extension du domaine de la lutte sociale ? [ 07/04/2005 ] Internet, est-il une une activité sociale ? [ 06/04/2005 ] Internet et CE, toujours dire oui ! [ 06/04/2005 ] Seniornautes : ils habitent près de chez nous. [ 06/04/2005 ] Les Rencontres des Cahiers de L'iforep [ 05/04/2005 ] Pourquoi bloguer pour les Rencontres [ 05/04/2005 ] Développement des blogs des syndicats d'entreprise : nécessité et contraintes [ 05/04/2005 ] |
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Au départ, il y a une volonté, celle du Conseil d'administration de la CMCAS de Nice (1) de doter les correspondants de SLV (2) de l'outil informatique.
Nous sommes en 2003 et depuis longtemps, plusieurs de nos collègues de SLV nous sollicitent pour les équiper.
Il faut dire qu'à Nice, le correspondant de SLV est un passage obligé. Les bénéficiaires ne viennent pas dans les bureaux de la CMCAS. On mise avant tout sur la proximité et le rôle de l'élu de SLV a son importance.
La CMCAS de Nice, forte de 10.775 bénéficiaires, est constituée de 65% de pensionnés. Seules les familles situées dans les vallées de l'intérieur du département n'ont pas de correspondant permanent ou à mi-temps.
Les administrateurs décident donc à l'unanimité d'équiper les SLV dotées d'un correspondant détaché, à deux conditions :
¨ que tous les correspondants concernées utilisent cet outil - il n'est pas question qu'il reste dans un placard -,
¨ que les micro-ordinateurs soient équipés de lecteur de carte vitale pour que le bénéficiaire puisse la mettre à jour au plus près de chez lui.
Les télé transmissions directes entre les professionnels de santé et la CMCAS se généralisent et les agents n'ont plus besoin de déposer leur feuille de maladie auprès du correspondant. Il est ainsi urgent de maintenir ce lien social de proximité.
Les logiciels installés sur ces matériels permettront au correspondant de renseigner les bénéficiaires sur leurs remboursements des dossiers prestations, les demandes de vacances et de réaliser des simulations sur les prestations sociales, la participation sécurité sociale et mutuelle sur les prothèses dentaires, l'optique, etc...
Premier acte :
C'est parti ! On habilite les correspondants et leurs suppléants. Les sites sont déployés. Tous jouent le jeu. 8 SLV sont installées. Seule celle de Cannes est différée de quelques mois car Edmond son correspondant est « retraitable » prochainement. Et, de l'informatique, il ne veut pas en entendre parler ! « Vous verrez avec Catherine, quand elle me remplacera ! ». Ce sera chose faite, et début 2004, 82 % de la population de la CMCAS dépend d'une SLV informatisée.
Très vite, nous allons constater une utilisation quotidienne et permanente de ce nouvel outil.
Chaque correspondant apprend à son rythme mais globalement tous explorent les possibilités offertes et les assimilent.
Car cette informatisation a raccordé nos correspondants au réseau fédérateur c'est à dire à l'intranet des organismes sociaux. Ils ont désormais accès à de l'information en temps réel et à jour : quel progrès pour les correspondants habitués aux contraintes du circuit papier ! Et quel plaisir de remettre à un agent qui vient régler son séjour vacances le plan d'accès imprimé directement à partir du site internet national « ccas.fr ».
Chaque SLV est désormais dotée d'une boîte mail. Les échanges avec les agents s’intensifient. Et le sentiment d'avoir enfin une SLV dans l'aire du temps s'installe.
Une émulation aussi. Lors des réunions de travail les correspondants échangent sur ces nouvelles possibilités offertes par l'informatique, se passent des tuyaux, se dépannent même. Et alors qu'hier, ils avaient bien du mal à renseigner un bénéficiaire qui n'était pas de leur SLV, aujourd'hui, cela ne leur pose aucun problème car ils ont accès aux données de tous les agents de la CMCAS.
Deuxième acte :
Nouveau conseil d'administration : nouvelle décision. Un site internet pour la CMCAS ?
Là encore, depuis plusieurs années, on en parle mais le chef de service a tenu bon. Il sait qu'un projet de plate forme est dans les cartons de l'Atelier Multi médias Inter Organismes et il a plusieurs fois traîner les pieds lorsqu'on lui proposait des projets externes.
De nombreuses CMCAS ont créé leur site mais par le biais d'un organisme privé. Toutes sont confrontées bien sûr au coût mais aussi aux conditions de mise à jour du site car la fonction même d'un site internet c'est d'être réactif.
Mais la question centrale reste le contenu des sites et la périodicité dans l'actualisation des pages. Revenez-vous sur un site qui présente en première page des informations datant d'un mois ?
Le projet des « plate formes de CMCAS » est opérationnel. Le conseil donne son accord pour le déploiement du site de la CMCAS de Nice. L'AMIO dote la CMCAS de sa plate forme. Nous sommes en avril 2004. Décision est prise de faire tourner le site en réel mais de ne pas populariser l'adresse sauf aux correspondants de SLV.
D'avril à juin, la CMCAS se fait la main, tant sur l'outil que sur le contenu.
L'outil : un régal. Pas besoin de connaissance spécifique. Tout se pilote à partir d'un ordinateur quelconque raccordé au réseau intranet ou même via internet en s’y connectant par compte sécurisé. Et côté réactivité, c'est immédiat. Un article saisi est mis en ligne instantanément .
Bien sûr, se pose la question de la validation des articles à mettre en ligne. Pas question de réunir le comité de rédaction du journal de la CMCAS. Trop lourd ! Donc la validation se fera quotidiennement entre le Président et le Chef de service de la CMCAS.
Le site ouvre officiellement en juillet 2004.
Première règle : pour qu'un site vive et soit consulté : il faut renouveler son contenu régulièrement. On se fixe un objectif un peu fou : il y aura quelque chose de nouveau chaque jour !!!
Second principe : il faut que le site apporte des choses novatrices. Pourquoi ne pas mettre la totalité du catalogue des livres, disques, dvd de la bibliothèque médiathèque en ligne ? Cela supprimerait les listings papier en dépôt dans les SLV. Négociation avec le fournisseur du logiciel qui gère les prêts de la bibliothèque : le catalogue sera accessible par internet sur le site du fournisseur. Les correspondants voient leurs droits d'accès élargis à l'internet et désormais cette nouvelle fonctionnalité dynamise le site.
Ouverture de chroniques : « le livre du mois », les nouveautés de la bibliothèque, la « chronique des toubibs du centre de santé ». Dès que le journal papier de la CMCAS est envoyé aux familles, ses articles sont disponibles sur le site.
La CMCAS envoie le catalogue des jouets de noël aux enfants : il est scanné et téléchargeable sur le site, tout comme le catalogue des séjours de toussaint avec sa fiche d'inscription.
Les agents viennent désormais à la SLV avec des documents téléchargés sur le site, ce qui invite tous les correspondants à consulter le site quotidiennement.
Juillet 2004 : 504 connections sur le site, septembre : 994, octobre : 1.408 ! En 3 mois, le nombre de connections à triplé.
Le site devient le lieu où l'on trouve l'information des négociations sur le devenir du régime, et ça se sait.
Chaque jour, les nouveaux textes sont mis sur le site. Nous sommes en décembre 2004, le site va atteindre les 2.229 connections mensuelles. En janvier 2005, ce seront 2.836 internautes qui s'y seront connectés. Pour beaucoup, ils auront aussi utilisé la page contact pour demander une attestation de couverture maladie pour un déplacement à l'étranger, pour demander à connaître la procédure pour obtenir le mot de passe de la carte activ, pour réserver un séjour au Rayet, ... ou s'inscrire à la newletter, laquelle permet de revoir automatiquement tous les articles de la semaine chaque lundi par courriel.
Quant aux agents de la CMCAS, leur poste de travail démarre désormais automatiquement sur la page d'accueil du site. Ca, c'est un coup du Chef de service. Lecture obligatoire à la prise de travail des nouveautés dans la vie de la CMCAS.
Le site www.nice.cmcas.com est devenu en quelques mois à la fois une vitrine mais surtout un formidable outil de travail collectif de communication.
Troisième acte :
Tout comme ccas.fr, le site de la CMCAS a d'abord pour vocation de s'adresser aux bénéficiaires.
Or, pour faire vivre nos activités sociales, les agents des organismes et les élus ont besoin d'une information opérationnelle qui ne peut avoir sa place sur ces sites internet. On la trouvait sur l'intranet des organismes mais limitée aux trois sites nationaux, ccas, comité et iforep. En ce qui concerne les CMCAS et les SLV, rien n'existait, contraignant ainsi à de multiples notes, courriers électroniques dont l'impact était toujours trop limitée.
Un site intranet de la CMCAS s'imposait donc.
Une première piste avait été évoquée. Celle de réserver des pages du site internet qui ne seraient visibles qu'en connexion intranet, donc seulement accessibles aux agents de la CMCAS et aux correspondants informatisés.
Une autre piste est proposée en mars 2005 par l'AMIO (3), celle des blogs d'entreprise.
La CMCAS de Nice a donc ouvert un blog dans le cadre d'une phase pilote de l'AMIO en publiant à sa demande tous les articles en statut public, c'est à dire visibles par tous sur l'intranet des organismes, pour que chacun puisse se rendre compte des possibilités offertes par les blogs.
D’autres actes à venir :
En tentant d'avoir la maîtrise de ces nouvelles technologies, de les utiliser ensemble, d'innover, la CMCAS semble avoir beaucoup plus gagné qu'elle n'imaginait.
D'abord en réactivité bien évidemment, en légitimité surtout pour les correspondants, en cohésion et en implication pour les agents de la CMCAS. La « com » est devenue l'affaire de tous.
Actuellement, la CMCAS travaille sur la circulation de l’information en direction des correspondants des SLV non informatisées qui ne peuvent avoir accès à ces NTIC. Il y a un projet de 4 pages papier qui reprendrait à la fois les articles du site internet et du blog, et qui serait réalisé chaque quinzaine.
La CMCAS de Nice recrutera son « technicien info com » prochainement. Elle utilise actuellement les compétences d'un stagiaire, Lionel, en DESS à Aix en Provence, qui collabore avec les Elus et l’encadrement de la CMCAS à l’ensemble de ces projets.
Quant à Edmond, notre correspondant désormais pensionné de la SLV, il est passé l'autre jour à Cannes. Il a confié à Catherine, sa collègue, qu'il s'était mis à l'informatique ! Comme quoi …!!!! "
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(1) les Caisses Mutuelles Complémentaires et d’Action Sociales gèrent les activités sociales et mutualistes des Electriciens et Gaziers, actifs et retraités (en fait en « inactivité de service » donc « pensionnés ») et traitent notamment leurs dossiers maladie pour le compte de la Caisse Primaire en part Sécurité sociale et mutualiste.
(2) Les correspondants des SLV (Section Locale de Vote) sont habilités par la Caisse Primaire en qualité de correspondant Sécurité sociale d’entreprise.
(3) Atelier Multi Médias Inter Organismes
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Il y a une question urgente à laquelle nos organisations doivent répondre : a-t-on vraiment mesuré la vitesse à laquelle les bénéficiaires de nos œuvres sociales et mutualistes s'appropriaient toutes ces nouvelles technologies ?
Je suis loin d'en être convaincu.
Quelques exemples : Quand on a appris que les résultats du tour d'affectation des vacances familiales d'été seraient sur le site ccas.fr le vendredi 18 avril dernier, n'a-t-on pas entendu « où est le rôle de la slv dans tout ça ? », ou « alors, le correspondant de slv ne sert plus à rien ! », etc, etc.
Pourtant, le résultat est là. Le nombre de connections de ce soir là a bien donné du souci à nos collègues de l'AMIO. Cela répondait bien à une attente
Et l'espace activ! Le nombre d'agents qui réclament leur mot de passe dans les slv, dans les cmcas ou auprès des services de la ccas témoigne de lui même de l'engouement de nos collègues.
Les sites internet de cmcas sont de plus en plus interactifs, les pages contacts et les news letters sont couramment utilisées tout comme le courrier électronique.
D'autres contributions soulignent ces évolutions. Nos seniors s'y sont mis, certains pour communiquer avec leurs petits enfants, s'envoyer des photos, ou pour d'autres, chercher des informations sur la toile.
Les sections informatiques des cmcas ne sont-elles pas constituées d'un nombre sans cesse croissant de collègues pensionnés. Des pensionnés passionnés !
Non, nos sites internet ne sont pas que de belles vitrines de nos activités sociales et mutualistes, ils en sont aujourd'hui un formidable outil. Un outil au service des hommes.
Déjà, de ceux qui font vivre ces activités, à condition qu'ils aient bien pris connaissance de l’apport que cet outil offre au quotidien.
Autre réflexion, nous œuvrons tous avec les valeurs des organismes. Elles sont bien affichées, certes, mais là encore, les met-on vraiment en pratique ?
Prenons la proximité et l'unicité de traitement.
Cela a été réaffirmé : la structure de proximité qu'est la SLV reste au centre de nos organisations.
C'est le lieu d'expression démocratique, de rencontre avec les élus de proximité. Celui aussi qui est au centre de notre dispositif de réponse sociale face aux difficultés de nos collègues actifs et pensionnés. Qui peut prétendre que les nouvelles technologies feraient disparaître ce lieu de proximité ou en réduiraient son rôle? Bien sûr qu'il y a risque.
Risque pour la slv qui ne s'intègre pas dans cette évolution : ses bénéficiaires trouveront via leur connexion internet une partie des réponses à leurs questions. Mais elle laissera de côté une partie de ses bénéficiaires, ceux qui ne surfent pas.
Et, ne nous trompons pas. Il ne s’agit pas de substitution. Ces nouvelles technologies ne sont pas là pour remplacer les correspondants. Mais leur rôle doit évoluer en prenant en compte ces nouveaux outils. Parlons d’adaptation, certes, mais surtout de complémentarité. Dégager du temps, assister, conseiller et permettre l’accès à ces nouvelles technologies à ceux qui n’en ont pas la possibilité.
Il faut que les conseils d'administrations des cmcas élaborent un réel plan d'adaptation. Et des outils très performants existent, mais il faut les déployer ensemble.
C'est ce que nous avons fait à la cmcas de Nice.
Nous avons informatisé la majorité de nos slv.
Dans un premier temps, celles dotées d'un permanent ou semi-permanent. 82 % des bénéficiaires relèvent ainsi désormais d'une slv informatisée. Les agents peuvent ainsi accéder à un panel de services en direct sans délai, obtenir des informations sur le traitement de leurs dossiers maladie, de leurs demandes de vacances, faire des simulations sur leurs remboursements cmcas, mettre à jour leur carte vitale.
Les slv ont un accès sécurisé à tous les sites des organismes nationaux internet et intranet et peuvent ainsi renseigner les bénéficiaires. Chaque slv possède une adresse de courrier électronique.
C'est un progrès indéniable. Le correspondant de slv voit son rôle consolidé. Aujourd'hui il possède de l'information en temps réel, toujours actualisée. Sa légitimité en est renforcée, sa réactivité améliorée.. Et cela sans remettre en cause le rôle des agents de la cmcas.
Nous avons aussi fixé un principe simple par souci d’égalité de traitement : ce qu'un agent lambda peut faire sur le site internet de la ccas.fr, celui qui n'a pas d'accès internet doit pouvoir le faire auprès du correspondant d'une slv informatisée, éventuellement avec son aide.
Sur l'espace activ!, un bénéficiaire peut proposer des mises à jour de ses données. Désormais, à la slv, il peut le faire aussi. Et même sur les données qui nécessitent des justificatifs.
En ce qui concerne le projet « évasion » qui permet aux bénéficiaires de saisir leur demande de vacances sur l'espace activ!, de consulter leur historique, nos correspondants conseillent les agents et leur permettent de le faire à la slv.
Je pense personnellement qu'il faut aller plus loin.
Nos organismes doivent, en renforçant ce rôle de proximité « NTIC » prendre le contre pied de cette société qui déploie ses « centres d'appel » et autres « plate forme de services ». Appuyez sur la touche étoile, faîtes le 1, faîtes le 3,... où même les services publics font de l'argent sur le dos du citoyen à grand coup de 08 taxés.
D'abord, il faut que chaque agent ait accès via l'espace activ! à ses dossiers maladie. Même en renseignant son numéro de sécurité sociale, une fois connecté à cette zone protégé.
Et surtout : Le correspondant, doté d'un ordinateur portable doit sortir des locaux de la slv et aller à la rencontre des bénéficiaires là où ils sont. Ici, ce sera une agence EDF.
Là, un local négocié avec la Mairie. Et pourquoi pas chez un collègue pensionné qui en regrouperait d'autres ?
Une prise de téléphone suffit.
Il serait juste utile de modifier le numéro actuel de connexion au réseau fédérateur, (notre intranet) pour que le coût de l'appel soit pris en charge par les organismes.
Tout cela fonctionne déjà ou du moins, il ne manque pas grand chose. "
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Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont entrées dans le quotidien des existences privées et professionnelles. L’Internet en est la figure emblématique.
Il focalise sur lui de nombreux espoirs de progrès de par les nombreuses opportunités d’accès interactif à l’information et à la connaissance qu’il ouvre. Mais il est aussi l’objet de toutes des convoitises des marchands du net qui peuvent en annihiler toutes les potentialités émancipatrices en érigeant la barrière de l’argent.
De ce point de vue, l’existence et de la pérennité d’un logiciel libre -avec le maintien d’une large gratuité d’accès- est illustratif des enjeux actuels. Le logiciel libre est encore un espace de mise en commun, de partage et de liberté parce qu’il offre la possibilité à ses utilisateurs d’accéder à son code constitutif, de le modifier et de l’adapter en fonction de ses besoins. Ce que n’autorisent pas les logiciels de Microsoft, par exemple. Cela interdit aux utilisateurs d’accéder en totalité à un bien informationnel par nature partageable et à se conformer à un type de fonctionnement conçu pour les logiques dominantes. Pour les organismes de l’économie sociale et solidaire, pour les comités d’entreprise qui impulsent et gèrent des activités sociales, cette extension de la marchandisation qui a pour corollaire une réduction du champ des possibles, constitue un véritable défi. Le formatage des technologies informationnelles aux règles du marché capitaliste tendra à rendre plus difficile leur utilisation pour des finalités propres aux actions qui visent le développement humain et la participation démocratique. Les acteurs d’une économie sociale et solidaire doivent prendre la mesure des enjeux qui se jouent actuellement. Nombre d’entre eux sont des utilisateurs de logiciels libres. Certains participent de réseaux de résistances à cette tendance mortifère. En leur sein, ils agissent pour promouvoir une conception d’Internet qui libère ses potentialités de transformation et d’émancipation. Aujourd’hui, il devient primordial que tous ces acteurs (comités d’entreprise, associations, coopératives et mutuelles) puissent se retrouver pour échanger sur leurs pratiques et mutualiser leurs réflexions sur ces questions. Quelles analyses et quels choix communs pouvons-nous faire devant ces enjeux informationnels ? Comment développer plus efficacement une utilisation de logiciels libres dans le cadre d’activités sociales ? Comment favoriser une participation démocratique du plus grand nombre de bénéficiaires au processus d’élaboration ? A contrario, n’est pas une utilisation réservée à une élite ? Telles pourraient être quelques unes des questions dont nous pourrions débattre ensemble.
Guy Carassus et Françoise Amossé
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Reprise de l'article publié sur le www.ccas.fr
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Blogger à propos d'"Internet et des C.E."
Les relations entre Internet et les C.E seront le thème des prochaines Rencontres des Cahiers de l'Iforep, le 14 avril 2005. D'ici là, l'ouverture d'un blog accessible à tous permet de s'exprimer dès maintenant sur ce vaste sujet.
Quels opportunités l'Internet et les nouvelles technologies de communications offrent elles aux Comités d'Entreprise ? Voici, en substance, le programme des prochaines Rencontres des Cahiers de l'Iforep qui se tiendront le 14 avril 2005 à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Il n'est d'ailleurs pas trop tard pour s'y inscrire.
De l'utilisation du Net par les CE, les entreprises ou encore par les mobilisations sociales, syndicales et politiques. Quels enjeux, quelles limites ou quels changements ? Autant de questions nouvelles auxquelles les C.E et, plus généralement les entreprises de l'économie sociale commencent à apporter des réponses. Mais à nouveaux questionnements, nouveaux outils.
Pour préparer ce rendez-vous, l'équipe réalisant les sites des Organismes Sociaux (Amio) a développé un blog. C'est, selon l'encyclopédie en ligne Wikipedia "un site web proposant un journal en ligne tenu par une ou plusieurs personnes". Chacun peut y lire et envoyer des contributions ou encore répondre aux avis précédemment postés. Ainsi, au fil des envois, ces expressions construisent et font avancer la réflexion de l'ensemble des internautes.
Utilisateurs des logiciels libres, élus, salariés de comités d’entreprises, syndicalistes ou membres d’associations, découvrez dès aujourd'hui ce blog et faites part de vos expériences en cliquant sur http://blog.asmeg.org/index2.php. Vos contributions alimenteront les débats du 14 avril dont le compte rendu sera, ensuite, mis en ligne.
Emmanuel Colonnier
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Comme comités d’entreprises ou assimilés, cet aspect est intéressant : quel bilan faire aujourd’hui de la place des organisations sociales dans l’entreprise, sur le champs de l’information via le net devenu courant dans l’univers du travail ? C’est aussi une histoire de piquets de grève en ligne et de manifs électroniques : l’utilisation du téléphone portable et des e-mails, des SMS, est devenue monnaie courante pour rallier les manifestants. Les lycéens contre le projet Fillon en ont joué pour monter leurs grandes manifs de cette année. On se souvient récemment de la formidable mobilisation à Gênes, en Italie, lors du sommet 2001 du FSE, quand la répression s’est abattue sur les manifestants. En 1998 déjà, en Caroline du Nord aux Etats Unis, 1 400 salariés de General Tire, fabrique de pneus pour l’allemand Continental, logé à Hanovre, se mettent en grève pour une augmentation de salaire. Pendant huit mois, la direction fait la sourde oreille. Les syndicalistes, par la voix de leur organisation internationale, passent le braquet supérieur : les e-mails informant de l’attitude de la direction traversent les hémisphères pour atteindre les usines du groupe. Sud Africains, Australiens, tous les ouvriers de la multinationale vont se mettre en grève, les sites des uns, ceux de l’autre partie, se renvoient les arguments. Mais la direction va céder et les ouvriers américains gagner leur première augmentation de salaire depuis dix ans. Cette année-là, Agnès Bertrand et Susan George, créant le premier Observatoire de la mondialisation, se souviennent de l’effet massue que provoqua la mise en ligne du texte intégral de l’Ami, mise en ligne qui accoucha de la première mobilisation contre la mondialisation capitaliste. Il faudrait aussi raconter la formidable histoire de Renault-Vilvorde et la mobilisation européenne éclair qui s’est organisée contre la décision unilatérale et brutale de fermer la boîte, prise par un patron qui s’était soudain pris pour Dieu, à l’ère des satellites de communication. Bref, bref. Aucun grand mouvement social, syndical, politique ne peut aujourd’hui ignorer cette facilitation des contacts via la voie électronique ou numérique. Lutte des indiens du Chiapas, des personnels de Elf à Pau, boycott de Danone et de Lu sur le site jeboycottedanone.com, les technologies de l’information sont largement utilisées dans ces moments de pointe de l’activité contestataire que sont les luttes. Les questions sont : cette utilisation des TIC dans les luttes a vocation à faire connaître une situation, une problématique, à concentrer du monde à un moment M, sur un problème donné, dans un ou des lieux précis. Est-elle entrée dans les mœurs syndicales quotidiennes et jusqu’à quel point s’agit-il de faire plus que de mobiliser ? Le contenu de luttes sociales a-t-il bénéficié d’un réseau plus ouvert de contributeurs ? Quand il y a forum de discussion, qu’y dit-on et quoi faire de ce qui se dit là ? Mais encore : des accords existent dans des entreprises qui ouvrent leur portail aux salariés via leurs organisations syndicales. Nous imaginons que leur négociation est délicate, que des DRH tiennent fermement la manette des vannes. Il existe déjà une histoire de ces conventions. D’après ce que l’on peut lire, toutes les confédérations ont eu des contentieux là où elles étaient négociatrices, pour des ouvriers, des employés et des cadres. Quelles expériences ?
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Côté Design
La plus grande difficulté du site Internet de notre organisme est de rendre transparent toute la réglementation d’inscription aux séjours vacances... Je ne vous parle pas des calendriers complexes et les différents types de séjours (bleu, rouge, vert…). L’héritage fondamental d’unicité de traitement et de solidarité pèse paradoxalement et complexifie la mise en œuvre du service en ligne. Quand on regarde d’un peu plus près le cahier des charges, on s’aperçoit que la « CCAS » a toujours dit OUI ! Ce qui a rendu au fil du temps la règlement très/trop lourde.
Deux points essentiels pour aller plus loin :
Une base de données nationale des ouvrants droits pour l’authentification en ligne.
La fameuse et célèbre validation du coefficient social.
Il est vrai que pendant les moments de détresse propres à chaque projet, on aurait aimé concevoir un site commercial, méchamment marchand. On imagine, peut-être à tort, que ça aurait été plus simple et plus direct pour notre équipe. Sans oublier que ces sites exercent une concurrence déloyale…
Nous pourrions même évoquer le doute de notre direction quant au résultat final… Oui, nous voudrions tous, aujourd’hui, sans contrainte, choisir un séjour en ligne, réserver quatre places, payer et recevoir la notification dans notre boite mail.
Alors n’oublions pas, nous acteurs des activités sociales, que ce sont les vraies idées qui mènent l’organisme et non l’Internet, outil magique de proximité mais n’interfaçant que la réalité des choses.
Pour conclure et pour parler webdesign, je citerai Ampelio Bucci : On s’aperçoit que les composants esthétiques prennent de l’importance. On demande au produit des capacités d’innovation non seulement techniques et fonctionnelles mais également de design…
Ou encore Pascal Colrat : Parvenir au beau, au sensible, c'est déjà un acte politique...
Alors nous avons maquillé, oui, c’est ce que nous faisons en partie. Joué sur l’idée de vitrine des organismes sociaux, en essayant de rassurer, de rendre visible, lisible toutes les activités concentrés en un seul espace fonctionnel.
L’essentiel : nous devons de plus en plus avoir la réponse à chaque question de nos visiteurs…
Ampelio Bucci est vice président Domus Academy (Milan) et auteur de « Quand les idées ménent l’entreprise ».(1998) www.domusacademy.com
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La montée en puissance souhaitée dans les CMCAS et à la CCAS de l’utilisation du net et de l’informatique dans nos pratiques sociales va-t-elle à contre-courant de celles de nos concitoyens ? Le débat du 14 Avril, à Montreuil, dans le cadre des Rencontres des Cahiers, à partir de 15 H, devrait nous aider à cerner un peu mieux la question. Celle qui est posée en l’occurrence, relève de nos conceptions de la proximité, une fois levée les ambigüités : l’Internet est un outil, il n’a pas de vertu magique, mais il est bien pratique. C’est en tout cas ce que semble penser les retraités. C’est ce qui ressort de différentes études réalisées auprès de la population des 55 ans et plus, en France et dans le monde. Les "seniornautes" existent, leur nombre croît, ils font même monter le taux d’équipement en informatique et l’usage des réseaux. Mieux encore, le potentiel de développement de l'usage des nouvelles technologies repose désormais sur les aînés. Selon Jean-Yves Ruaux, rédacteur en chef de Seniorscopie.com, "les 50-64 ans sont devenus un facteur de dynamisation du marché de l'informatique". Ainsi, 50,1 % de ces seniors possèdent un ordinateur, rattrapant presque la moyenne française (54,1 % des ménages sont désormais équipés –les chiffres de l’Insee, publiée ces jours-ci sur le blog Iforep parle d’un Français sur deux). Plus parlante : la marge de progression est plus forte chez les jeunes anciens (+ 12,5 %) que parmi l'ensemble de nos concitoyens (+ 8,4 %).
Les retraités sont loin d'être imperméables aux nouvelles techniques de l'information. Voilà pourquoi : ils privilégient Internet pour conserver une intimité à distance avec les "proches-lointains" et maintenir un lien familial et amical que l'éloignement géographique et les obligations réciproques distendent. Comment ça se passe ? Les plus jeunes servent souvent de passeurs dans l'apprentissage informatique des grands-parents. Mais, de plus en plus fréquemment, Internet permet aussi de développer la cyberconvivialité, voire la cyberdémocratie. Aux Etats-Unis et au Japon, des associations de retraités se constituent grâce au lien informatique, et les partis politiques utilisent de plus en plus le Net pour relier leurs adhérents. La virtualité technologique se fait alors remède contre l'exclusion sociale et politique des anciens.
Nous véhiculons donc en la matière parfois des idées fausses. Les 50- 64 ans sont de plus en plus intéressés par la navigation sur la Toile et le courrier électronique. D’une façon plus générale, les études réalisées à la demande de la presse spécialisée confirme les résultats d'une enquête du Credoc pour l'Autorité de régulation des télécommunications, qui montre que les baby-boomers (de 40 ans à 59 ans) ressemblent beaucoup à leurs cadets de la tranche d'âge entre 25 à 39 ans, du point de vue des comportements de consommation des NTIC.
Mieux encore : des villes ont fait des expériences. Le développement d'Internet concerne également les personnes âgées, celles qui ont passé 60 ans, ainsi que le révèle une troisième étude, menée notamment à Parthenay, dans les Deux-Sèvres, où a été développée une politique locale d'expérimentation baptisée "Ville numérisée ». Il n’est qu’à aller se balader dans nombre de villes de Bretagne Sud, pour voir fleurir ce label. Via des bourgs et des villes, le net va au devant des retraités.
Cette réalité nouvelle est cependant complexe. Selon le sociologue Jean-Philippe Viriot Durandal, maître de conférences à l'université de Franche-Comté, qui intervenait dans le cadre d'une rencontre organisée en novembre 2003 par Notre temps et Seniorscopie.com, "la crainte d'une fracture numérique est réelle pour le moment pour les cohortes les plus âgées". Mais des initiatives volontaires tendent à la réduire. Diverses expériences, dans le Val-de-Marne (projet Essaim'age), à Issy-les-Moulineaux (mise en place d'un cybersalon de thé) ou encore dans des maisons de retraite montrent que l'âge n'est pas fatal à l'acquisition ni à l'emploi des NTIC.
En règle générale, les seniors français utilisent moins Internet que leurs voisins européens, du fait d'un sous-équipement informatique. M. Viriot-Durandal remarque que, "si 36 % des Européens de plus de 50 ans possèdent un ordinateur personnel à la maison, les Français ne sont que 31,5 % dans ce cas, contre 41,4 % des Allemands et 58,1 % des Néerlandais". Ainsi, dans l'Europe des Quinze, la France est ainsi à la traîne, en onzième position.
Mais ce retard ne sera sans doute pas durable, compte tenu de la forte augmentation du recours à Internet : 37,9 % des seniors l'ont utilisé au cours des douze derniers mois, soit une progression de 17 % par rapport à 2001.
Il existe cependant des freins et ils sont connus. Ils sont de deux ordres. Le premier relève des différences sociales dans le travail qui, plus que l'âge, sont le principal facteur explicatif de la fracture numérique. Alors que, parmi les actifs, 76 % des cadres supérieurs disposent d'un ordinateur sur leur lieu de travail, 16 % seulement des ouvriers sont exposés aux NTIC.
Le second, la peur de la nouveauté et de la complexité, le manque de confiance en soi, l'ergonomie, mais aussi la maîtrise du clavier et de la souris, qui correspondent à l'entrée dans "un nouvel univers psycho-cognitif et culturel", constituent les obstacles les plus fréquents, avec aussi la question de l'utilité. A quoi bon cet objet d'apparence complexe, le plus souvent corrélé à l'univers du travail ? Dans une étude sur la diversité des usages des technologies menée auprès de couples à la retraite et de personnes veuves (CNAV, collection "MiRe"
, Vincent Caradec montre comment le rapport aux objets high-tech (du téléphone au four à micro-ondes, en passant par le téléviseur et l'ordinateur) se redistribue.
S’agit-il au nom de ces deux réalités générales de faire une croix sur les capacités offertes par l’informatique et le net à briser l’isolement qui peut guetter les inactifs -ou de chercher des solutions qui existent peut-être déjà en germe : sait-on vraiment qui et comment les personnes en inactivité sont équipées en micro et si elles accèdent au net ? Comment peut-on les aider à utiliser ce moyen de communication, quel accompagnement ? Pourquoi ce qui est prisé par un grand nombre de « seniors » serait-il refusé à d’autres –quelque soit leur âge, leur niveau de vie ? N’y-a-t-il pas, sans systématiser, à imaginer des pratiques qui améliorent les liens de proximité entre tous et via l’information électronique entre les agents d’EDF-GDF et les réseaux de santé, de prévention, de culture ? Accéder à l’information n’est-ce pas aussi être moins dépendants ? Ce sont autant de questions que l’on pourrait se poser, sans prétendre apporter des réponses clés en mains, en matière de lien social le sur-mesure étant plutôt conseillé, on est bien d'accord...
(1) Aux Etats-Unis, les 65 ans et plus constituent désormais le premier groupe de croissance du Net, avant même les baby-boomers, dont on sait par ailleurs que les comportements de consommation se différencient de moins en moins de ceux de leurs cadets.
Lire aussi : Les Techniques de la vie quotidienne, âges et usages (CNAV, collection "MiRe", 2002.
Françoise Amossé |
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